Vous ne manquez pas de temps. Vous manquez d’estime de vous.
Tous mes clients arrivent en disant : “Je suis épuisé parce que j’ai trop de travail.”
70 heures par semaine. Réunions en cascade. Urgences permanentes.
Et ils ont raison. Objectivement, c’est beaucoup.
Sauf que.
Le problème n’est jamais le volume.
C’est ce qu’ils se sont accordé pendant ces 70 heures.
L’HISTOIRE DE BERTRAND
(IDENTITÉ MODIFIÉE PAR SOUCI DE CONFIDENTIALITÉ)
Tous mes clients arrivent en disant : “Je suis épuisé parce que j’ai trop de travail.”
70 heures par semaine. Réunions en cascade. Urgences permanentes.
Et ils ont raison. Objectivement, c’est beaucoup.
Sauf que.
Le problème n’est jamais le volume.
C’est ce qu’ils se sont accordé pendant ces 70 heures.
Bertrand (identité modifiée) travaillait 70h/semaine.
Mais voici ce que j’ai observé :
Lundi 9h : Son N+1 reporte sur lui une erreur qui n’est pas la sienne. Bertrand ne dit rien.
Lundi 14h : Son équipe demande un report de deadline. Bertrand accepte même si ça le surcharge.
Lundi 18h : Un collègue demande “un petit service urgent”. Bertrand annule son départ.
Mardi 10h : Client mécontent. Bertrand s’excuse pour une erreur qui n’est pas de lui.
Mardi 15h : Réunion inutile mais “il faut y être”. Bertrand y va.
Le problème de Bertrand n’était pas les 70 heures.
C’était qu’il ne s’accordait rien.
Pas le droit de refuser. Pas le droit de dire “ce n’est pas mon erreur”. Pas le droit de partir à l’heure prévue. Pas le droit de préserver son temps.
Voici ce que j’observe depuis 12 ans :
Moins vous vous accordez de valeur, plus vous acceptez.
Pas proportionnellement.
Exponentiellement.
Et vous vous épuisez.
Pas parce que vous travaillez trop.
Mais parce que vous vous trahissez à chaque “oui” prononcé en pensant “non”.
LE MYTHE DE LA SURCHARGE
On vous a vendu l’idée que le burn-out vient de la surcharge.
Trop de réunions. Trop de dossiers. Trop d’heures.
Et c’est vrai : objectivement, c’est trop.
Mais pourquoi vous acceptez ce “trop” ?
Parce que vous ne vous accordez pas le droit de refuser.
Bertrand gérait une équipe commerciale. Performant. Impliqué. Reconnu.
Mais quand on a décodé ensemble, voici ce qui est apparu :
Bertrand acceptait :
-
Les dossiers que son N+1 ne voulait pas traiter
-
Les tâches que son équipe aurait dû gérer
-
Les urgences de dernière minute “urgentes que pour les autres”
-
Les réunions inutiles “pour ne pas froisser”
Pourquoi ?
Pas parce qu’il était débordé.
Parce qu’il ne se sentait pas légitime à dire non.
Cette croyance invisible : “Si je refuse, on va penser que je ne suis pas à la hauteur.”
Elle fabrique un cercle infernal :
Vous ne vous accordez pas assez de valeur → Vous devez prouver que vous méritez votre place → Vous acceptez l’inacceptable → Vous vous épuisez → Vous vous accordez encore moins de valeur.
C’est mécanique.
Implacable.
Invisible.
CE QUE VOUS NE VOYEZ PAS
Vous ne voyez pas vos propres trahisons.
Parce qu’elles sont microscopiques.
Un “oui” par-ci. Une justification par-là. Un silence quand il faudrait parler.
Pris individuellement, ça semble insignifiant.
“Ce n’est qu’une fois.”
“Ce n’est pas si grave.”
“Je vais récupérer ce week-end.”
Sauf que vous ne récupérez jamais.
Parce que la semaine suivante, vous recommencez.
Et vous ne comptez toujours pas.
Voici ce qui se passe quand vous ne vous accordez rien :
Semaine 1 : Vous dites “oui” 15 fois en pensant “non”. Vous tenez.
Semaine 2 : Vous dites “oui” 20 fois. Vous êtes fatigué mais ça va.
Semaine 3 : Vous dites “oui” 25 fois. Vous commencez à sentir que ça ne va pas.
Semaine 4 : Vous dites “oui” 18 fois. Vous vous dites “Cette semaine était mieux.”
Mois 2, 3, 4… : Vous continuez.
Des mois plus tard, parfois des années : Vous vous effondrez.
Et vous ne comprenez pas pourquoi.
“Pourtant, j’ai tout donné.”
Oui.
C’est précisément le problème.
Vous avez tout donné. Sans jamais vous accorder le droit de garder quelque chose pour vous.
C’est insidieux.
C’est long.
Vous tenez.
Vous compensez.
Vous êtes endurant…
Jusqu’au jour où vous ne tenez plus.
Et ce jour-là, vous ne l’avez pas vu venir.
Parce que vous ne regardiez pas les signaux d’alerte que votre corps et vos émotions vous envoyaient.
Bertrand ne se souvenait même plus des 15 fois dans la semaine où il avait dit “oui” en pensant “non”.
Il avait automatisé ses trahisons.
Ces micro-décisions étaient devenues invisibles.
Jusqu’au jour où ce n’est plus micro.
C’est l’effondrement.
CE QUE VOS EMOTIONS TENTENT DE VOUS DIRE
Vos émotions vous envoient des signaux d’alerte depuis des mois.
Cette colère sourde le dimanche soir.
Ce ressentiment quand votre N+1 vous sollicite encore.
Cette boule au ventre quand vous dites “oui” alors que vous pensez “non”.
Ces émotions ne disent pas “J’ai trop de travail.”
Elles disent : “Je me trahis.”
Votre GPS émotionnel hurle des messages :
La colère dit : “On ne me respecte pas. Et je ne me respecte pas non plus.”
Le ressentiment dit : “Je donne tout. Et je ne reçois rien en retour. Pas même de moi.”
La boule au ventre dit : “Je sais que je devrais refuser. Mais je n’ose pas.”
Ce ne sont pas des perturbations à gérer.
Ce sont des informations stratégiques sur ce que vous êtes en train de vous infliger.
Quand Bertrand a décodé ces signaux, il a eu un moment de sidération.
“Je me trahis depuis des années. Et je ne le voyais même plus.”
Le problème n’était pas tant son patron (qui ne détenait effectivement pas toutes les compétences managériales attendues).
Le problème n’était pas son volume de travail (qui était objectivement trop).
Le problème : Bertrand ne s’accordait presque rien. Alors il acceptait presque tout.
Il existe deux types de fatigue.
La fatigue saine : Après un effort aligné avec ce qui compte pour vous. Vous êtes fatigué mais content. Vous avez donné. Mais vous ne vous êtes pas trahi.
L’épuisement toxique : Après vous être fait violence. Vous êtes vidé et amer. Parce que vous vous êtes donné là où vous ne vous accordiez rien.
L’un régénère.
L’autre détruit.
Tant que vous ne vous accordez rien, vous vivrez dans le second.
pourquoi n’explique-t-on pas suffisamment l’épuisement sous cet angle ?
Vous savez pourquoi la plupart des accompagnements vous disent “Repose-toi” ou “Apprends à gérer ton stress” ?
Parce que c’est plus confortable.
Pour vous. Pour eux.
Vous dire que le problème est votre charge de travail, c’est vous laisser dans le rôle de victime.
Ce n’est pas votre faute.
C’est l’organisation. Le manager. Le système.
Et c’est vrai : les organisations toxiques existent. Les managers délétères existent. Les conditions de travail dégradées existent.
Mais.
Dans une même organisation toxique, avec un même manager délétère, tout le monde ne tombe pas en burn-out.
Pourquoi ?
Parce qu’il y a aussi une dimension individuelle.
Vos schémas personnels.
Vos croyances limitantes.
Votre rapport à votre propre valeur.
Et cette part-là, vous pouvez agir dessus.
C’est une formidable nouvelle.
Parce que ça veut dire que vous n’êtes pas condamné à subir.
Vous avez un pouvoir d’agir. Sur votre part. Celle qui vous appartient vraiment.
Marc Aurèle, empereur romain et philosophe stoïcien, écrivait :
“Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.”
Votre charge de travail ? Peut-être que vous ne pouvez pas la changer immédiatement.
Votre organisation ? Peut-être toxique, effectivement.
Mais ce que vous vous accordez face à cette charge ? Ça, vous pouvez le changer.
Identifier ce qui vous incombe vraiment.
Laisser ce qui appartient aux autres.
Cesser de vous surcharger de responsabilités qui ne sont pas les vôtres.
C’est là que se situe votre pouvoir.
C’est infiniment plus exigeant que de se reposer en attendant que l’organisation change.
C’est aussi infiniment plus libérateur.
ET VOS ÉQUIPES ?
Il y a quelque chose d’encore plus important que vous ne voyez peut-être pas.
Quand vous vous trahissez, vous n’êtes pas seul à en payer le prix.
Vos équipes vous observent.
Bertrand gérait 8 personnes.
Quand on a décodé ensemble, il a réalisé quelque chose de sidérant :
Son équipe reproduisait exactement ses schémas.
Ils disaient “oui” quand ils pensaient “non”.
Ils prenaient des responsabilités qui ne leur appartenaient pas.
Ils restaient tard “parce qu’il faut”.
Ils s’excusaient pour des erreurs qui n’étaient pas les leurs.
Pas parce que Bertrand leur demandait.
Parce que Bertrand leur montrait que c’était comme ça qu’on fait.
Quand vous dites “oui” alors que vous pensez “non”, vos équipes le voient.
Quand vous acceptez l’inacceptable, ils apprennent que c’est acceptable.
Quand vous ne posez pas vos limites, ils comprennent qu’ils n’ont pas le droit de poser les leurs.
Vous leur donnez la permission de se trahir.
Exactement comme vous.
En tant que leader, vous n’êtes pas seulement responsable de votre propre équilibre.
Vous êtes responsable de l’exemple que vous donnez.
Vous façonnez la culture de votre équipe. Pas par vos discours. Par vos actes.
Quand Bertrand a commencé à se poser cette question : “Est-ce que cette responsabilité m’appartient vraiment ?”, quelque chose s’est passé.
Son équipe a commencé à se la poser aussi.
Pas parce qu’il leur a fait un discours.
Parce qu’il leur a montré qu’on pouvait.
Chaque fois que vous vous accordez le droit de refuser, vous montrez à votre équipe qu’elle peut le faire aussi.
Chaque fois que vous posez vos limites, vous créez un espace pour qu’ils posent les leurs.
Vous ne changez pas juste votre vie.
Vous changez la culture de votre équipe.
Un leader à la fois. Une limite à la fois.
C’est comme ça qu’on transforme les organisations.
Pas de haut en bas.
De l’intérieur.
Vous ne pouvez pas changer votre organisation du jour au lendemain.
Vous ne pouvez pas changer votre manager.
Vous ne pouvez pas supprimer vos dossiers urgents.
Mais vous pouvez cesser de vous trahir.
Vous pouvez commencer à vous accorder ce que vous méritez.
Le droit de refuser.
Le droit de poser vos limites.
Le droit de partir à l’heure.
Le droit d’exister sans vous justifier.
MON ACCOMPAGNEMENT
Je ne vais pas vous convaincre que vous avez de la valeur.
Ce n’est pas mon rôle.
Et ça ne marche pas.
Parce que la semaine suivante, vous continueriez à vous trahir.
Ce que je fais :
Je vous montre vos trahisons.
Une par une.
Les “oui” automatiques que vous ne voyez plus.
Les responsabilités que vous prenez alors qu’elles ne vous appartiennent pas.
Les justifications permanentes de votre légitimité.
Les silences quand il faudrait parler.
Mon rôle : vous confronter à ce que vous vous faites.
Pas de moralisation.
Pas de culpabilisation.
Juste une observation la plus objective possible.
Ce que vous vous accordez. Ce que vous ne vous accordez pas.
Et ensuite, vous décidez.
Parce que personne ne peut cesser de se trahir à votre place.
Mais une fois que vous voyez vos propres trahisons, vous ne pouvez plus faire comme si vous ne saviez pas.
Programme RESET (3 à 6 mois) pour ceux qui sont au bord de l’effondrement et doivent se reconstruire.
Programme ÉQUILIBRE & MOI (accompagnement mensuel) pour ceux qui veulent arrêter de se trahir et retrouver un équilibre durable.
Dans les deux cas : nous décodons vos signaux émotionnels.
Vous apprenez à voir où vous vous trahissez.
Et progressivement, vous cessez de vous trahir.
Vous commencez à vous accorder ce que vous méritez.
À propos de
Sandra Morel-Bordenave
Coach professionnelle certifiée spécialisée en prévention du burn-out et intelligence émotionnelle pour les leaders.
12 ans d’expérience | 1000+ accompagnements | 20 coachings individuels et 200+ professionnels formés en 2025
Formatrice en entreprise sur la gestion des émotions, la communication non violente et la prévention des risques psychosociaux.
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