Burnout : pourquoi comprendre ne suffit pas à changer
J’ai choisi de commencer 2026 en vous posant une question d’apparence simple :
Est-ce que vous comprenez intellectuellement pourquoi vous vous épuisez, mais vous continuez quand même ?
Vous savez ce qui dysfonctionne.
Vous avez identifié vos schémas. Vous avez fait le lien entre votre besoin de reconnaissance et votre épuisement. Vous avez même compris que vous vous noyez dans le “faire” pour éviter de regarder en vous.
Et pourtant.
Vous continuez.
Vous dites oui alors que tout en vous hurle non.
Vous compensez l’absence de vos collègues alors que vous n’en pouvez plus.
Vous rentrez tard alors que votre couple se fissure.
Ce décalage est insupportable.
Parce que le pire n’est pas de ne pas savoir.
Le pire, c’est de savoir et de continuer à se détruire quand même.
Et tant que vous restez coincé dans cette compréhension intellectuelle sans action :
→ Vous continuez de vous épuiser.
→ Vous continuez de porter tout le monde sur vos épaules.
→ Vous continuez de vous trahir.
Ce n’est pas un problème de compréhension.
C’est un problème de passage à l’action en dépit de l’inconfort.
L’HISTOIRE D’ALINE (IDENTITÉ MODIFIÉE PAR SOUCI DE CONFIDENTIALITÉ) – OU POURQUOI COMPRENDRE NE SUFFIT PAS
2015 : Aline pousse la porte de mon cabinet.
Cadre infirmière. Mariée. Deux jeunes enfants.
Le regard fatigué. Les traits tirés.
Elle me dit :
“Je ne peux plus continuer comme ça.”
Elle dort 4 heures par nuit.
Elle enchaîne les journées de 9 heures.
Elle compense les absences de son équipe.
Elle veut sauver tous ses patients.
Parce qu’elle ne peut pas lâcher.
Si elle craque, qui va porter le poids de son absence ?
Son équipe est déjà à bout.
Les patients sont déjà en souffrance.
Alors elle tient. Coûte que coûte.
Pendant ce temps, à la maison, son couple vacille.
Son mari lui dit : “Tu n’es plus là. Même quand tu es à la maison.”
Et il a raison.
Elle est là physiquement.
Mais sa tête est restée à l’hôpital.
Le couple se fissure.
Petit à petit.
Et Aline le voit. Elle le sent.
Mais elle ne sait pas quoi faire.
Parce qu’elle ne peut pas lâcher.
CE QU’ALINE A COMPRIS EN QUELQUES SEMAINES
Aline est brillante. Analytique. Lucide.
En quelques séances, elle a eu tous les déclics :
→ La perfection n’existe pas.
Elle cherchait à sauver tous les patients. À être irréprochable.
Mais la perfection, c’est un mirage.
Elle l’a compris.
→ Vous ne contrôlez pas le regard des autres.
Elle s’épuisait à chercher l’approbation de sa hiérarchie.
Mais la perception des autres est subjective. Par nature.
Elle l’a compris.
→ Se noyer dans l’action, c’est fuir.
Elle ne s’arrêtait jamais. Toujours un patient de plus. Toujours une crise à gérer.
Parce que le “faire” était son refuge. Cela lui permettait de ne pas “se regarder”, se confronter à sa vulnérabilité, ses failles…
Elle l’a compris.
MAIS QUELQUE CHOSE D’ÉTRANGE S’EST PRODUIT
Aline avait tout compris.
Intellectuellement, elle voyait clair.
Et pourtant.
Elle continuait.
Elle disait oui à un patient supplémentaire alors que son planning débordait.
Elle compensait l’absence d’un collègue alors qu’elle n’en pouvait plus.
Elle rentrait tard alors que son mari lui disait : “Les enfants ont besoin de toi.”
Je me souviens d’une séance où elle m’a dit, presque désespérée :
“Mais Sandra, je SAIS tout ça. Je le vois. Je le comprends. Alors pourquoi je continue ?”
Et c’est là que j’ai dû lui dire une vérité difficile.
COMPRENDRE NE SUFFIT JAMAIS
Parce que comprendre, ce n’est qu’une première étape.
C’est nécessaire. Mais ce n’est pas suffisant.
La transformation ne se passe pas dans votre tête.
Elle se passe dans votre corps. Dans vos actes. Dans l’inconfort.
Vous pouvez avoir tous les déclics du monde.
Mais tant que vous n’avez pas agi malgré l’inconfort, rien ne bouge.
Et cet inconfort, il est réel.
Pour Aline, il ressemblait à ça :
→ Refuser un patient supplémentaire alors qu’elle avait peur de le condamner
→ Ne PAS compenser l’absence d’un collègue alors qu’elle culpabilisait
→ Dire à sa hiérarchie “Je ne peux pas faire plus” alors qu’elle avait peur d’être jugée incompétente
→ Rentrer à l’heure au lieu de systématiquement déborder alors qu’elle pensait que son équipe avait besoin d’elle
→ Accepter de ne pas tout contrôler alors que son identité reposait sur le fait d’être indispensable
Ce n’est plus de la compréhension.
C’est de l’action. Dans la peur. Dans la culpabilité. Dans le doute.
Ce qu’ALINE A TRAVERSÉ
Pendant 5 ans, nous avons travaillé ensemble.
Par phases.
Aline revenait quand elle traversait une nouvelle étape.
Et à chaque fois, nous déconstruisions un peu plus.
Mais la déconstruction ne se faisait pas en parlant.
Elle se faisait en expérimentant.
Aline a dû refuser un patient supplémentaire.
Et vivre cette culpabilité : “Et s’il n’était pas pris en charge correctement ?”
Elle a dû dire à sa hiérarchie : “Je ne compenserai pas l’absence de ma collègue.”
Et affronter ce regard : “Tu nous laisses tomber.”
Elle a dû rentrer à l’heure.
Et supporter cette voix intérieure qui lui disait : “Tu abandonnes ton équipe.”
Elle a dû accepter de ne pas tout contrôler.
Et lâcher cette identité qui la définissait depuis toujours : “Je suis celle qui sauve tout le monde.”
Ce n’était pas confortable.
Ce n’était pas rapide.
Mais c’était nécessaire.
AUJOURD’HUI
Aline a quitté le milieu hospitalier.
Elle s’est reconvertie dans un métier artistique.
Elle ne cherche plus à sauver tout le monde.
Elle ne compense plus.
Elle ne court plus après la perfection.
Elle a trouvé son rythme.
Un rythme ajusté à son énergie.
Parfois, elle est dans des phases de grande créativité.
D’autres fois, elle ralentit.
À l’image des 4 saisons.
Elle ne lutte plus contre elle-même.
Elle écoute. Elle ajuste. Elle choisit.
Et elle respire.
Son couple ? Il a tenu.
Ses enfants ? Ils ont retrouvé une mère présente.
Elle ? Elle a retrouvé sa vie.
CE QUE L’HISTOIRE D’ALINE RÉVÈLE
Votre GPS émotionnel vous montre la direction.
Il vous dit : “Vous ne pouvez pas sauver tout le monde.”
Il vous dit : “Ce rythme n’est pas tenable.”
Il vous dit : “Votre couple est en train de se fissurer.”
Mais le GPS ne conduit pas à votre place.
Il vous montre le chemin.
C’est vous qui devez le parcourir.
Et ce chemin passe par l’inconfort.
L’inconfort de refuser un patient alors que vous avez peur de le condamner.
L’inconfort de ne pas compenser alors que vous culpabilisez.
L’inconfort de rentrer chez vous à l’heure alors que votre équipe a besoin de vous.
L’inconfort de lâcher cette identité qui vous définit : “Je suis celle qui sauve tout le monde.”
Comprendre ne suffit pas.
Il faut agir malgré l’inconfort.
VOUS VOUS RECONNAISSEZ DANS L’HISTOIRE D’ALINE ?
Vous portez tout le monde sur vos épaules.
Vos patients. Votre équipe. Votre famille.
Vous compensez. Vous tenez. Vous ne pouvez pas lâcher.
Pendant ce temps, votre vie se fissure.
Votre couple. Votre santé. Votre énergie.
Vous savez ce qui dysfonctionne.
Vous avez déjà identifié vos schémas.
Mais vous ne passez pas à l’action.
Parce que l’inconfort vous retient.
Prenons 30 minutes ensemble.
Pour que vous me racontiez votre histoire.
Pour que nous voyions ensemble si nous pouvons travailler ensemble.
Pas de test. Pas de questionnaire. Pas de case.
Juste un échange pour comprendre où vous en êtes et comment je peux vous accompagner.
Appel découverte gratuit et sans engagement : parce que poser des mots sur nos maux est déjà un premier pas vers l’action.
À propos de
Sandra Morel-Bordenave
Coach professionnelle certifiée spécialisée en prévention du burn-out et intelligence émotionnelle pour les leaders.
12 ans d’expérience | 1000+ accompagnements | 20 coachings individuels et 200+ professionnels formés en 2025
Formatrice en entreprise sur la gestion des émotions, la communication non violente et la prévention des risques psychosociaux.
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